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Les DITs Léonard Rollin et Audrey Samson parlent de l'application Dailycious et de leur expérience sur les plateaux.

Le lien ici :



Dernière mise à jour : 24 déc. 2021

Ce jeudi 25 novembre s’est tenu dans les locaux de RVZ le premier workshop Be4Post organisé depuis le début de la pandémie du Covid-19. L’occasion de se retrouver pour certains, de rencontrer pour la première fois de nouveaux membres, mais surtout d’échanger sur les sujets qui font nos métiers.


Au programme de ce workshop, un voyage à travers la théorie et la mise en pratique de la couleur appliquée à l’image numérique.


Animé par Brice Barbier (Be4Post / ADIT), l’après-midi s’est déroulé en 3 parties et autant d’intervenants : D’abord Olivier Patron (ADIT) pour la partie théorique des espaces colorimétriques, puis Mathieu Leclercq (Be4Post) pour la mise en pratique sur Baselight, et enfin l’étalonneur Sébastien Mingam (Herve Bay’s) avec qui l’on a pu échanger sur sa vision de son métier.

De gauche à droite : Brice Barbier, Olivier Patron, Mathieu Leclercq (photo : Elie Fischer)


Le workshop avait lieu dans une salle plongée dans l’obscurité et une captation ne pouvait, malheureusement, pas restituer l’expérience offerte par les images diffusées. L’événement n’a donc pas été filmé.

C’est pourquoi je vais essayer de rendre compte de manière synthétique des 3 parties présentées par les différents intervenants.


Olivier Patron (photo : Elie Fischer)

Partie 1 - Olivier Patron (ADIT) : La théorie de la couleur appliquée aux espaces colorimétriques.


Après un rapide rappel des concepts touchant la couleur et la vision humaine, Olivier nous a expliqué comment (et pourquoi) on est arrivé avec le temps à une représentation simplifiée des espaces colorimétriques. Les représentations que l’on connait aujourd’hui sont basées sur une forme triangulaire du gamut (les coordonnées x,y des trois primaires, ainsi que le point blanc) posée sur une « tranche » en deux dimensions du diagramme de chromaticité.

Ici, les couleurs visibles par l'oeil humain mis dans l'espace X,Y,Z


Or, il faut garder à l’esprit qu’en réalité, les espaces colorimétriques se représentent en 3 dimensions. L’existence de gamuts de tailles et de formes différentes implique de coder parfois des coordonnées négatives, que l’on considère alors comme « hors gamut ». C’est particulièrement vrai lorsque l’on parle des gamuts « scene-referred », face aux gamuts « display-referred ». Les premiers peuvent parfois couvrir bien au-delà du spectre visible, afin d’encoder toutes les couleurs existant dans une scène. Les gamuts « display-referred » sont, eux, tous inclus dans le domaine visible, et nécessitent une calibration pour être affichés correctement.



Il est donc nécessaire, pour faire travailler dans une même chaîne ces différents espaces, d’opérer des conversions. Il existe, en gros, deux manières de faire : les luts et le color-management. Aujourd’hui, aucun des deux n’est une méthode parfaite. Les luts sont simples d’utilisation, mais sont « bornées » et donc potentiellement limitantes dans notre travail. Le color-management, puisque il est opéré de manière purement mathématique au sein du logiciel, n’a pas les contraintes d’une lut et est, en plus, réversible. Par contre, il peut apparaître avec cette méthode (notamment en ACES) des couleurs hors gamuts (valeurs négatives, sur-saturées), qu’il faut alors pouvoir ramener dans l’espace de travail, sous peine de les faire apparaitre sous forme d’un aplat de couleur dans l’image. Pour palier à ce problème de conversion d’espace que sont les couleurs hors gamut, il existe aujourd’hui des outils au sein des logiciels, comme le « compress gamut ».


Enfin, Olivier a abordé l’apparition du HDR ces dernières années, et la manière dont celui-ci change notre façon de visualiser le signal, mais aussi notre idée de ce qu’est la dynamique d’une image exposée. En effet, le rapport de grandeur entre un espace SDR et un espace HDR redéfinit complètement la notion d’échelle de saturation et de luminosité dans une image. Pour rappel, le pic lumineux est de 100 nits en SDR, et entre 750 (OLED) et 1500 nits (LCD) sur les téléviseurs HDR les plus récents.


Partie 2 - Mathieu Leclercq (Be4Post) : Mise en pratique dans Baselight


Mathieu Leclercq (photo : Elie Fischer)


Pour illustrer les différentes manières possibles de travailler les espaces couleurs, Mathieu a pris l’exemple d’un workflow hybride bien connu à l’époque de l’apparition de l’étalonnage numérique : le digital-intermediate. L’idée est de scanner le négatif dans un espace colorimétrique adapté à la dynamique du négatif film, le Cineon. En appliquant en sortie de logiciel une lut simulant le retour sur film, il est donc possible de travailler avec la plus grande latitude possible l’image, tout en ayant une idée du résultat final projeté, avant même de shooter l’étalonnage def sur film.

Comme énoncé précédemment, les luts, bien pratiques par ailleurs, peuvent parfois se trouver limitantes dans certains workflows. Un bon exemple serait de vouloir utiliser, dans un projet color-managed, une lut Arri LogCtoRec709 contenant déjà le look du ou de la chef-opératrice dans une timeline contenant des rushes Red et des Rushes Alexa. La logique serait donc de convertir en entrée tous les rushes vers le LogC, pour ensuite travailler l’étalonnage et enfin appliquer la lut en sortie. Comme observé lors de la démonstration, cette technique peut avoir des effets non désirés sur les rushes Red, contraignant à devoir faire des ajustements spécifiques, et donc peu pratiques.

En ACES, une technique similaire consiste à utiliser en combinaison avec la lut « lookée » une inverse-DRT, pour isoler le look de la partie « technique » de la lut.

Encore une fois, ce genre de technique, si elle peut fonctionner, a aussi plus de chances de faire apparaitre des effets indésirables sur certains plans car on « tire » beaucoup sur le signal. De plus, une technique fonctionnant en SDR peut, une fois affichée en HDR, faire apparaître des problèmes très visibles. C’est là le principal problème des luts : elles contraignent à un workflow relativement rigide, peu ouvert aux éventuels changements de directions futurs.

On en arrive donc à la conclusion que le système color-managed, pensé en amont d’un projet, est le meilleur moyen d’assurer un workflow solide et ouvert aux changements. Il faut cependant garder à l’esprit que toute conversion d’espaces colorimétriques dits « wide gamut » peut apporter son lot d’aberrations chromatiques sous forme de couleurs hors-gamut.

Partie 3 - Echange avec Sébastien Mingam, étalonneur (Herve Bay’s)


Sébastien Mingam (photo : Elie Fischer)


Enfin, Sébastien Mingam s’est prêté à une séance de questions/réponses avec les personnes présentes, après avoir brièvement présenté son parcours professionnel. Utilisateur inconditionnel de Baselight, il nous a expliqué pour quelles raisons le logiciel est - de loin - son préféré. Sébastien a également parlé de sa vision de son métier. En effet, sa curiosité de découvrir de nouveaux outils, et de développer ses propres techniques, sont dans son esprit les caractéristiques d’un artisan, plus que d’un artiste.

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Malgré l’absence de captation vidéo, la richesse des interventions méritait que les personnes non présentes disposent d’un compte-rendu étoffé du workshop. J’ai personnellement appris énormément et affiné certains sujets qui étaient, avant ce jour, assez abstraits dans mon esprit. Les profils des membres de l’association sont différents, tout comme leurs années d’expérience. J’espère avec ce compte-rendu apporter, au moins à certains, une meilleure compréhension de concepts essentiels à nos métiers.


Jérôme Tanguy


https://hervebays.com/

http://be4post.com/



Lettre ouverte des associations professionnelles au sujet des négociations salariales dans la production audiovisuelle du 14/10/2021

Les associations signataires, fortes de leurs près de 1500 membres, appuient pleinement les demandes des syndicats de salarié.es concernant les salaires et l'amélioration des conditions de travail.

Les associations professionnelles, constatent que:

  • Les salaires de la convention nationale de la production audiovisuelle n’ont pas augmenté depuis 2017,

  • Les revenus des professionnel·le·s et salarié·e·s de la filière audiovisuelle ont baissé de plus de 20% par rapport au coût de la vie depuis 2007,

  • Les indicateurs économiques montrent une forte reprise de l’inflation. Parallèlement, les équipes sont de plus en plus soumises à une pression sur le temps de travail, avec une charge de travail de plus en plus importante et des coûts de moins en moins élevés. Cela génère des difficultés sérieuses d’organisation du travail. le manque de temps de préparation, des temps de tournage raccourcis, un sous-dimensionnement des équipes, entraînant des amplitudes horaires abusives et une sollicitation excessive des énergies disponibles, qui font courir aux équipes des risques physiques et psychologiques. Alors que les équipes compensent autant qu’elles peuvent cette pression sur les temps de production en empiétant de plus en plus sur leur vie personnelle, elles ne voient pas le retour de leurs investissements professionnel et personnel dans leurs revenus et leur qualité de vie.


Enfin, certaines plateformes détournent la grille de salaire de l'audiovisuel et imposent des conditions de travail dégradées, en France comme aux Etats-Unis. Les salaires doivent refléter notre niveau d’investissement et de responsabilité au service des productions pour lesquelles nous nous battons quotidiennement pour maintenir un niveau de qualité le plus élevé possible, et ce dans un environnement concurrentiel exacerbé. Sans les équipes, sans notre savoir-faire, sans notre expérience, sans notre conscience professionnelle la production audiovisuelle hexagonale ne serait pas au niveau auquel elle prétend être. Les associations professionnelle du cinéma et de l’audiovisuel:

AAPCA | Association des administrateurs de production cinéma et audiovisuel ACFDA | Association des chargés de figuration et de distribution artistique ADC | Association des chefs décorateurs de cinéma ADIT | Association française des DIT ADP | Association des directrices et directeurs de production AFAR | Association française des assistants réalisateurs de fiction AFC | Association française des directeurs de la photographie cinématographique AFCCA | Association française des costumiers du cinéma et de l’audiovisuel AFCS | Association française des cadreurs steadicam AFR | Association française des régisseurs du cinéma et de l’audiovisuel AFSI | Association française du son à l’image AOA | Assistants opérateurs associés ARDA | Association des Responsables de Distribution Artistique LSA | Les Scriptes associés L’UNION | L’Union des chefs opérateurs MAD | Métiers associés du décor

Paris le 14 octobre 2021.

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